Les effets de l’alcool sur l’organisme

Source : LENNAD, Pascal, 7 jours Extra (Date inconnue)

pic_alcool_cannabis_prod_psycho_bisSur le plan de la santé physique, l’alcool peut causer des dommages et des lésions extrêmement graves, parfois irréversibles. En constatant les dégâts causés par l’alcoolisme, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi on le considère comme l’un des grands maux de notre siècle.

Le Dr Nathalie Campeau, responsable du service de désintoxication de l’hôpital général de Montréal, et le Dr Serge Lecours, de la clinique de toxicologie de Montréal, ont dressé pour nous le portrait des principaux effets de l’alcool sur l’organisme.


Le cerveau

L’alcool a pour effet principal de ralentir l’activité du cerveau, et, à  long terme, d’entraîner une certaine confusion, des pertes de mémoire, un manque de jugement et de problèmes de comportement.

L’alcool agit à  trois niveaux. Il s’attaque d’abord aux membranes des cellules, ce qui influence les échanges entre les cellules et les neurones. Il perturbe ensuite les neurotransmetteurs, dont le rôle est de transmettre les informations d’un neurone à  l’autre.

L’activité des cellules nerveuses se trouvant freinée, l’influx électrique est transmis beaucoup plus lentement. Par ailleurs, les gens qui boivent trop se nourrissent souvent peu et mal, ce qui provoque à  long terme une carence en vitamines essentielles aux cellules cérébrales. A la longue, les dommages sont même irréversibles.


Le foie

Le foie est l’organe qui souffre le plus d’une consommation d’alcool excessive, car il filtre la plus grande partie de l’alcool qui circule dans le sang.

La détérioration du foie comporte trois stades. Le premier, la stéatose, est une dégénérescence due à  l’accumulation de graisse : le foie n’arrivant plus à  se débarrasser adéquatement de la graisse, celle-ci s’accumule dans ses cellules. Il se forme alors ce que l’on appel le foie gras. Le deuxième stade, l’hépatite alcoolique aigue, se présente comme une inflammation du foie. Dans ces deux premiers cas, les dommages réversibles.

Par contre, le troisième stade, la cirrhose, est irréversible. Il s’agit de la destruction presque totale des cellules, qui sont remplacées par la fibrose (tissu cicatriciel). Le foie s’atrophie et cesse d’effectuer son travail. Lorsque cet organe fonctionne mal, il y a accumulation lente de toxines, ce qui bouleverse aussi l’activité du cerveau.


Le coeur et le sang

L’abus d’alcool peut  aussi mener à  la cardiomyopathie, c’est-à -dire à  une hypertrophie du muscle cardiaque due à  la dégénérescence de ses fibres. Une insuffisance cardiaque peut alors survenir.

De plus, à  cause de la malnutrition propre à  l’alcoolisme, la moelle osseuse, principale « manufacture » des globules rouges, ne possède plus les matériaux de base pour fabriquer ces globules. L’alcool peut également attaquer directement les globules rouges. Ces deux facteurs peuvent engendrer l’anémie. Un manque de fer, de vitamine 12 et d’acide folique accompagne cette dégradation. Par ailleurs, le système immunitaire n’arrive plus à  protéger l’organisme contre les infections, les bactéries et les virus, puisque les globules blancs sont incapables de fonctionner normalement.


Le système digestif et les poumons

L’oesophage, l’estomac, la vessie et les intestins sont aussi des cibles qui n’échappent pas aux méfaits de l’alcool. Un estomac irrité peut développer un ulcère qui pourra saigner et favoriser l’anémie. Aussi, si le pancréas est très touché, il est possible que se développe une pancréatite, laquelle pourra mener au diabète et, parfois, à  la mort.

En outre, les alcooliques étant souvent fumeurs, les poumons souffriront de plus des conséquences du tabac. On a également remarqué que les alcooliques sont davantage exposés à  différentes formes de cancer.


Le système reproducteur

L’alcoolisme fait également des ravages dans le système reproducteur, tant chez l’homme (testostérone) que chez la femme (progestérone), il provoque une diminution de la production des hormones sexuelles. Il y a alors perte de la libido, soit une diminution de l’appétit sexuel. Il est à  souligner que l’alcool – pris en grande quantité et régulièrement – affecte les testicules mâles et mène même parfois à  une atrophie testiculaire. Chez la femme , le cycle menstruel se fera irrégulier et les ovaires fonctionneront de façon anormale.


Avez-vous des problèmes avec l’alcool ?

1 – Avez-vous déjà  résolu d’arrêter pendant une semaine ou plus sans pouvoir tenir plus de quelques jours ?

2 – Aimeriez-vous que les gens se mêlent de leurs affaires quant à  votre façon de boire ?

3 – Avez-vous déjà  changé de sorte de boisson dans l’espoir d’éviter de vous enivrer ?

4 – Vous est il arrivé, au cours de l’année, s’avoir à  prendre un verre le matin pour être capable de vous lever ?

5 – Enviez-vous les gens qui peuvent boire sans s’occasionner d’embêtements ?

6 – Avez-vous eu, au cours de l’année, des problèmes reliés à  l’alcool ?

7 – Votre façon de boire a-t-elle causé des problèmes à  la maison ?

8 – Vous arrive t il, pendant une soirée, d’essayer d’obtenir des consommations supplémentaires parce qu’on ne vous en  donne pas suffisamment ?

9 – Vous dites-vous que vous pouvez cesser de boire n’importe quand, même si vous continuez à  vous enivrer malgré vous ?

10 – Avez-vous manqué des journées de travail ou d’école à  cause de l’alcool ?

11 – Avez-vous des trous de mémoire ?

12 – Avez-vous déjà  eu l’impression que la vie serait plus belle si vous ne buviez pas ?

Si vous avez répondu OUI quatre fois ou plus, vous avez sans doute un problème d’alcool. Consultez l’association Alcooliques anonymes (AA) de votre région.

 


Le saviez-vous ?

L’alcoolisme est une maladie qui progresse et ne régresse jamais.

  • De très fortes doses d’alcool peuvent entrainer la mort en empêchant le cerveau de contrôler la respiration.
  • Une femme enceinte qui absorbe une quantité excessive d’alcool court le risque que son bébé présente une déficience mentale, une difformité physique ou une malformation cardiaque.
  • Il est considéré comme un délit criminel de conduire quand le taux d’alcoolémie est de 0.08% (80 mg d’alcool par 100ml de sang).
  • Une bouteille de bière, un cocktail, un verre de vin et un petit verre de sherry ou de porto renferment chacun environ 10g (0.3oz) d’alcool pur.